Poèmes Performés – Visiteurs du Présent

Premier texte

Je conduisais un cerveau
Pas une Ferrari

Sans roues motrices
Juste un moteur infini

Mais la route était trop loin
Et elle n’appartient
Pas
À personne

Alors j’ai volé deux cents Ans
Je volerais
Encore longtemps

Sans penser au passé
Sans passer par l’avenir

Mais c’est fini
Déjà on s’oublie
Le soleil est enterré
Dans l’obscurité
D’une marche trop rapide
De soldats érectiles
Des canons
Des fusées
Des missiles
Plongés
Au bord
D’une abime

Je n’ai pas
De prise
Sur l’oxygène
Des atomes
Attendent
Une chaine

Ça ne démarre de rien
Et puis ça disparait
Je rêvais
Quand j’ai crus voir
Un mirage
Une image
se mêler
à ma surface
Ça s’efface

Elle est où la cascade
La source et l’origine ?
Je m’obstine
À chercher la ligne

Je n’ai pas d’attache à la terre
je sors de la cuisse d’un Macintoshe

Je traite
Des infos
Des informations
à reculons
Je suis des gens sur Twitter
Retrouver le sens
D’une vie

Je n’agis
Pas
Je ne change
Pas
J’ai volé deux cents ans
Je volerais
Encore longtemps
Sans prise
Sur l’atmosphère

Je ferme les yeux
Demain n’a pas encore
Changé
Est-ce que j’arriverais
quand même
à le discerner ?

Pourquoi le présent est-il si petit ?
Pourquoi pas plus grand ?
Pourquoi je ne peux pas L’étendre ?

Chute constante
Chute constante
D’une minute Bousculée
Par une autre

Chute constante
Chute constante

20 000 milliards de secondes
En suspens
Dans l’atmosphère
Attendent de se poser
Entre moi et l’univers
Entre toi et ma main
Entre ma main et le revers

Le temps,
Même en poussière
Ne se dilue pas dans l’eau

Il fait trop chaud sous ma
Peau
Il faudrait essayer
De se réchauffer autrement
Je devrais me mouiller

Se taire
C’est le meilleur Moyen
De ne pas subir Le passé

 

Deuxième Texte

Qu’est-ce qui nous rassemble ?
Est-ce que tu me ressembles ?
Négatif de mon ombre
fugitive et passagère, que je pris pour un corps messager.
Mon écrin : mon écran.
Mon régal : mon ego.

L’écho de mon reflet, mon versant inversé,
mon aval, l’avarié avatar,
tu me réjouis.
Tu me séduis. Tu me saisis. Tu me réduis.
Un regard comme surface réfléchissante,
j’irai tagger des hiéroglyphes sur la voûte céleste.
Des astres monologuent du vacarme depuis des heures,
éteints depuis des lustres : les cris dans un désert.
Des bribes de moi dans les bouts de miroirs brisés.
Des ondes à la surface liquide du monde.
Le double de ma figure persiste encore.
Insiste.
Existe telle
Une avalanche suspendue
dans le long fondu-enchaîné d’une apocalypse tranquille.
La magie de l’image.
Le visage singe, le masque est sage.
Que faire sinon
RESSASSER ?

RESSASSER.
Sinon faire que le sage masqué singe le visage.
L’image de la magie tranquille.
Une apocalypse enchaînée, fondue dans le long suspend d’une avalanche.
Existe-t-elle ?
Insiste, persiste encore, la figure de mon double,
monde du liquide, la surface a des ondes brisées.
Miroir debout, dedans moi, des bribes,
Un désert dans les cris des lustres éteints.
Depuis des heures, vacarme de monologues.
Désastre ! C’est lester la voûte des hiéroglyphes gâtés.
J’irai réfléchissant la surface comme un regard.
Tu me réduis. Tu me saisis. Tu me séduis.
Tu me réjouis.
L’avatar a varié mon aval, inversé mon versant, mon reflet de l’écho,
mon ego, mon régal,
mon écran, mon écrin messager,
un corps que je pris pour passager et fugitif,
mon ombre positive,
Est-ce que tu me ressembles ?
Qu’est-ce qui nous rassemble ?

 

Troisième texte

Je me sens
Dans l’eau
Dans la peau
Du temps

Je vois
Première fois
La forme
Des hommes

Je suis libre
Au milieu
De milliards
D’être humain

Sous toi
J’entends
Le battement
De ta voix

Il y a
Les alarmes
De tes gestes
Dans ma tête

Je sens
Sans fin
Les chagrins
Chantant

Mais je paye
De ma voix
Ce qu’il y a manquer

Des sons
Dissonants
De êtres
Affamés
De leur propre
Reflet

Ma voix
Je la donne
Pour payer Le retour
De la balle

Pour défaire
L’image
De ton corps
Abimé

Le pont qui jaillit
Au-dessus
De nos corps
Qui dérive
C’est pas
La mort
Qui arrive
C’est l’amour

Tu dévie
Par le fleuve
Tu suis le courant
Tu suis la lumière
Tu suis un mouvement

Et si le soleil descend
Je le suis à la trace
Parce que j’ai trouvé une place

Je suis à l’instant
Dans l’ombre de tes bras
Tu fais le ciel rose
S’étendre sur moi

Il n’y a rien d’autre.
Que je vois.

 

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